17.07.2010

En attendant la rentrée

En attendant le retour du blog collectif le 21 août prochain une petite friandise de la part de notre dessinateur de talent Robert Conrad

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Billet collectif en vacances de retour le 21 août avec le thème: "La rentrée"

Dernier délais d'envoi le 20 août

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A vos plumes !

10.07.2010

Le rire

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"Le rire est le propre de l'homme" François Rabelais

Par Djemâa Chraiti, Robert Conrad, Haykel Ezzeddine et Marie-France de Meuron

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Les méthodes de survie : de l’ironie ou de l’humour  ?

Fotolia_2180025_XS.jpgAprès m’être  maintes fois posée  la question sur ce qui me faisait toujours résister aux intempéries de la vie, aux fracas des destins perturbés, je réponds toujours l’humour ! Mes interlocuteurs me regardent en se demandant à quoi ressemble vraiment l’humour, où on le cherche et comment on  le trouve.

Par souci de donner la réponse la plus satisfaisante possible, j’ai longuement réfléchi à ce qui signifie l’humour, ces pirouettes mentales qui arrivent à vous faire sourire, voire rire aux éclats dans les situations les plus tragiques.

De  l’humour ou de l’ironie ? Il m’est arrivé de croiser des gens ironiques, l’ironie entraîne plutôt un rire sarcastique que le rire joyeux que fait naître l’humour. L’ironie est selon Bergson de nature oratoire, elle est exagération des valeurs pour désigner ce qui n’est pas. Une  forme d’humour désespéré. Les grands ironiques sont des désespérés, on rencontre des écrivains ironiques parmi les suicidés : Stefan Zweig, Schopenhauer, Romain Gary ou Emile Ajar. L’ironie est bien une stratégie défensive et subversive. Elle coupe les ponts, elle est sans appel.

L’humour a quelque chose de plus convivial. Comment vivre après des drames, comment survivre dans une certaine gaieté lorsque objectivement, il n’y a plus aucune raison d’être joyeux ?
Toujours selon Bergson, l’humour a quelque chose de plus scientifique. L’humour affectionne les termes concrets, les détails techniques, les faits précis. C’est une analyse froide d’une situation donnée, l’émotion est en quelque sorte paralysée, gelée, cautérisée. Puis on extrait un détail du tout dramatique, et le travail d’anatomiste peut commencer. Un détail mis en exergue, de manière drôle, peut faire rire aux éclats, et cette faculté de se réjouir vient ensoleiller les zones d’ombres.
A  cette faculté de pratiquer l’humour vient s’ajouter et de l’insolence, et la liberté de langage. Il faut être résolument voyou.
L’humour vient transformer, les  êtres, les choses, les situations, de manière telle que seule la drôlerie d’une situation demeure. On devient spectateur hilare de son propre destin, avec toute la distance que cela requiert. Notre histoire est racontée de façon telle qu’elle  entraîne le rire chez les autres, ceci rejaillit sur vous et vous en riez davantage. Contrairement à l’ironie, on ne peut le pratiquer qu’en plongeant aux sources de son propre drame, se retrouver au cœur de sa propre dimension tragique et l’émotion qui fait mal est déjà identifiée et il devient ainsi aisé de la paralyser en quelque sorte.

Fotolia_3801995_XS.jpg« Plus un drame a de grandeur, plus profonde est l’élaboration à laquelle le poète à dû soumettre la réalité pour en dégager le tragique à l’état pur. Le comique s’adresse à l’intelligence pure; le rire est incompatible avec l’émotion. On ne doit plus être ému. La nécessité d’isoler un sentiment et  en faire un parasite doué d’une existence indépendante.» Ceci est certainement du ressort des psychiatres, aider  à identifier les émotions enfouies qui sont encore trop douloureuses pour jaillir à la surface.» Les dépressifs sont rarement capables d’humour, le travail de distanciation ne peut pas se faire, les émotions! sont multiples, entremêlées, chaotiques…

Les traits communs entre toutes les personnes qui ont pour credo de vie l’humour, c’est une réelle joie de vivre. Bon vivant, celui qui pratique l’humour comme ultime refuge est un hédoniste, gourmand à souhait, curieux de tout, toujours prêt à saisir au vol la situation rocambolesque. Il est en plein dans son environnement lié étroitement à la vie qui l’entoure et qu’il observe avec passion.

L’humour est le chemin qu’emprunte le poète pour illuminer des tableaux parfois trop sombres, amoureux de la lumière, une touche, par-çi par- là, relève la vie d’un bel éclat ensoleillé.

Djemâa Chraïti

Illustration 1: © Ewe Degiampietro - Fotolia.com

Illustration 2: © Beboy - Fotolia.com

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Dessin de Robert Conrad

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C’est bon pour le moral


Fotolia_23586502_XS copie.jpgDorénavant pour rire on est obligé de consulter. Je ne plaisante pas, c’est une évidence. Le rire est devenu une denrée rare. Bientôt des praticiens vont se spécialiser dans l’art d’entretenir le zygoma. On transcrira des doses de bonne humeur pour le bien être de l’humanité! Les cas les plus graves seront internés dans des cliniques spécialisées, perfusés aux blagues et soignés aux bêtisiers.
Combien d’entre-nous assistent aux spectacles donnés par les humoristes, vont voir des comédies au cinéma et lisent de la littérature appropriée histoire de faire le plein d’humour pour notre équilibre? ça remplit des salles et ça rapporte de l’argent. La crise qui est passée par là nous a fait même perdre le sourire et le rire spontané. Mais elle a fait prospérer les affaires des humoristes, je parle de nombreux spectacles qui jalonnent l’année culturelle et de la littérature qui puise indéfiniment dans les blagues en tout genre.


“Nous sommes ici-bas pour rire. Nous ne le pourrons plus au purgatoire ou en enfer. Et, au paradis, ce ne serait pas convenable” dixit Jules Renard. Et si nous faisons de cette citation un principe de vie? Brandissons comme un étendard pour mieux vivre ensemble les verbes suivants: rigoler, plaisanter, blaguer, délirer, se marrer, sourire, rire...propager la joie de vivre!
Et pour terminer en bonne compagnie citons Alphonse Allais, grand spécialiste de la métaphore et de l’absurde dont les textes font la part belle à la bonne humeur: “Le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression”. A votre santé!

Haykel Ezzeddine

Illustration: © kenjito - Fotolia.com

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Le rire...un tout en soi!

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Le rire fuse, bondit, jaillit. Quel superbe éclat de l'âme dans sa joie!
Quelle belle gerbe de sentiment lumineux!
Sa vibration cristalline résonne dans tous les coeurs alentour.
Sa cascade de sons s'éparpille avec générosité sur les êtres présents.
C'est l'expression de l'enfant intérieur, plus aisée dans la jeunesse mais qui sait se maintenir chez certains voire revenir chez les aînés.
Quoi de plus libre qu'un rire franc!
Quel exemple de spontanéité!
Le rire équilibre et certaines thérapies l'utilisent largement.
Ses étincelles réaniment des circuits endormis.
Evidemment, certains rires n'arrivent pas à une éclosion libérée :
rires jaunes, rires forcés, rires sarcastiques.
Ce sont des déviances car l'humain peut tout pervertir.
Si le rire est le propre de l'homme, c'est qu'il est un tout en soi, manifestation d'un élan très intime tout en étant très léger, comme l'esprit!

Marie-France de Meuron

Illustration: © Andrejs Pidjass - Fotolia.com

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Billet collectif en vacances de retour le 21 août avec le thème: "La rentrée"

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04.07.2010

La fontaine

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Par  Marie-France de Meuron, Robert Conrad, Luzia, Djemâa Chraïti, John Goetelen et Haykel Ezzeddine

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La Fontaine

24840_417558286795_236413916795_5379896_1027519_n.jpgSymbole profondément féminin, la fontaine se taille et se façonne dans bien des matériaux.

Mais toujours, elle garde sa fonction immuable d'offrir de l'eau, élément vital par excellence.

Elle nous l'apporte jusqu'à portée de bouche ou de mains, de manière continue et fluide.

Comme une aïeule, elle traverse les âges, toujours attentive à donner et à rassembler les gens autour d'elle. Elle est un lieu de ralliement, que ce soit au centre du village ou à une étape en forêt.

Elle nous offre sa musique, inlassablement, avec des nuances subtiles.

Bien ancrée sur le sol, en général, elle nous rappelle notre relation à la terre d'où les sources jaillissent. Elle nous ramène à notre terre à nous qu'est notre corps, composé en grande partie d'eau.

Placée à des endroits stratégiques, à des haltes dans la nature, elle est l'amie qui nous procure gratuitement le réconfort après un effort.

Si ancrée à la terre qu'elle peut aussi nous fournir de l'eau thermale, bien chaude et bien riche d'éléments thérapeutiques. Elle peut se prolonger alors par des vasques ou des piscines.

Elle peut ainsi prendre des formes esthétiques mais toujours garder  cette même mission : être un lieu de passage pour le précieux liquide.

Au goût de l'eau qui jaillit d'elle, on peut avoir un contact avec le réservoir ou la source qui l'alimente. La fontaine est bien un relais sur le parcours de l'eau et nous rappelle que sont  reliés de façon intextricable : les entrailles de la terre, la fontaine et notre corps. Nous ne pouvons pas en choisir un élément et négliger les autres.

Dans bien des cas, les robinets ont remplacé les fontaines. Puissions-nous les contempler avec autant de reconnaissance que nous considérons les fontaines!

Marie-France de Meuron

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Dessin de Robert Conrad

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La fontaine du petit chemin

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Il y a une fontaine au village où j'ai grandi, c'est la fontaine où l'on bâtissait les enfants abandonnés, à l'époque , il y a longtemps, il y a des des siècles, encore le siècle passé enfin  à l'arrière, donc il n'y avait pas seulement que  les suicidaires ensevelis dans la honte et sans bénédiction, mais aussi les enfants nés d'une femme pas mariée qui  étaient baptisés en cachette, mais je ne savais que il y avait un tel traitement méprisant envers ceux qui n'avaient pas eu la chance d'avoir des parents, donc ces bébés passaient à travers le baptême  à la fontaine de la rue qui est encore à l'angle d'un  petit chemin juste avant d'entrer dans les bois...le soir tombé quand les gens n'étaient  plus dans la rue, cette honte d'avoir été abandonnés se ritualisait presque à symboliser la dure vie qui les attendait, les noms de famille Fontana en italien en est le témoignage de ce sujet tabou de l'époque, autant que les Esposito du sud d'Italie ( bébé "esposto" , exposé devant la porte du couvent ou  il allait être abandonné et aussi exposé à la honte, ) et les Bianchi et  Rossi et Verdi du nord d'Italie ( un  mois les Bianchi et l'autre mois les Rossi ,après les Verdi et les bianchi encore, une façon facile de compter leur âge en absence de nom de famille et de date de naissance ..) anciennement voilà comme on marquait un bébé abandonné, il avait même pas le droit à avoir un baptême comme touts les autres petits venus au monde...il devait déjà payer avec son nom sa malchance même si innocent d'avoir été abandonné et payer toute sa vie...
Avec les années je suis allée souvent boire à cette fontaine, boire l'eau qui avait glissé le long  des fronts angéliques et innocents de ces petites victimes de l'abomination et hypocrisie damnée d'un temps,  d'y avoir participé à cela, je me suis appropriée de cet eaux pour sentir dans mon corps couler la source de leur histoire, leur mémoire, leurs premier cris d'injustice et de cruauté ...je les fais miens et je vis aussi pour eux...car la vie de tout être humain est une histoire qui commence dans l'innocence....même celles de la fontaine du petit chemin ....

Texte et dessin: luzia

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A la fontaine de mes chimères

 

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Les fontaines ruissellent de soleils endormis

Dévorant les étoiles

Pour illuminer nos jours sans éclat

Elles constellent dans un doux chuintement

Pour bercer  l'âme de nos peines

 

Dans le patio de mes illusions

Les nymphes généreuses présentent

Leurs offrandes dans les vasques

D'albâtre

A la fontaine de mes chimères

Je boirai jusqu'à la lie les nectars

Enchanteurs de quelques anges

Ephémères

Assouvir

Une soif inaltérable

Est vain


Djemâa Chraïti

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Point d'eau, puits, fontaine,


John 2.jpgVoici un symbole universel. Toutes les civilisations se sont développées autour de l’eau, de cette ressource absolument vitale. Plus encore que l’aliment solide, l’eau est le point d’ancrage.. On peut vivre dans le désert en stockant des céréales ou de la viande fumée, mais l’eau doit être disponible régulièrement.

Initialement elle était accessible dans les points d’eau. Mais il n’y en a pas partout. Les civilisations se déplaçant pour occuper de nouveaux territoires l’eau devait les suivre, et donc être maîtrisée. Vint le puits, image symbolique autour de laquelle la civilisation s’organise.

Le développement technologique (déjà) a facilité la domestication plus poussée de l’eau: aqueducs, thermes, mais surtout fontaines: l’eau à disposition en permanence, donc la survie alimentaire et l’hygiène. La fontaine, forme évoluée de la maîtrise de l’eau, est  facteur de développement de la vie et de l’implantation de nos ancêtres dans un lieu donné. Si nous venons d’un village ou d’une ville, c’est d’abord parce qu’il y avait de l’eau.

Autour de la fontaine, c’est l’histoire des civilisations qui s’offre à nous."

Hommelibre John Goetelen

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La fontaine et les politiciens par Haykel

1913791560.jpgEn consultant le thème de ce qui nous occupe cette semaine  sur wikipédia, j'apprends que notre Jet d'eau national est considéré comme une fontaine au même titre que la célèbre fontaine de Trevi de Rome. Pourquoi pas ? Il a tout ou presque pour être admiré comme une fontaine si je me réfère à la définition de la célèbre encyclopédie libre. « Une fontaine est une construction généralement accompagnée d'un bassin d'où jaillit de l'eau. Une fontaine peut être naturelle au sens d'être alimentée par une source ».

Au lieu de disserter sur le sujet,  j'ai préféré interpeller notre dynamique Maire de Genève pour connaître son avis en tant que politicienne-blogeuse sur les fontaines. Madame Sandrine Salerno a eu la gentillesse de prendre de son temps et a répondu à mes trois questions avant de m'envoyer au Département de Monsieur Rémy Pagani, responsable entre autre des 60 fontaines qui égaillent joliment notre ville. Voici leur contribution au blog collectif:

Sans titre 2.jpg1. Que représentent pour vous les fontaines ?

Genève est connue et reconnue pour la très symbolique fontaine qu'est le Jet d'eau. La fontaine est source de vie et source de fraîcheur.
La fontaine, c'est également la source, dans le sens abstrait de l'origine, de la cause, du principe. La fontaine nous rappelle à donc la tradition et fait jaillir la vie.
Genève sans fontaine ne serait pas Genève!

2. Pourquoi bon nombre de fontaines à Genève ne sont plus actives ?

Il y a quelques années, la gestion économe de l'eau est devenue une priorité pour la Ville. Des raisons écologiques et financières ont, avant la législature en cours, poussé le Conseil administratif à repenser l'administration des fontaines. La plupart ont été rénovées dans le cadre de la politique énergétique de la Ville de Genève, mise en place en 2006. Une fois techniquement transformées, les fontaines actuelles économisent jusqu'à 90% de l'eau, en comparaison avec les fontaines anciennes.

3. Penseriez-vous rendre à ces fontaines une seconde vie ?


Oui. D'ailleurs, à ma connaissance, la plupart d'entre elles revivent déjà, au fur et à mesure que leur rénovation se poursuit.
Cependant, la gestion des fontaines ne relève des compétences ni de mon Département des finances et du logement, ni de ma fonction de Maire.
Je vous laisse donc vous adresser à mon collègue, l'excellent Rémy Pagani qui, j'en suis sûre, prendra le soin d'apporter une réponse à la fois plus politique et plus technique à vos interrogations.

Sandrine Salerno

Maire de Genève

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La réponse de M. Rémy Pagani à mes trois questions:

IMGP5815.jpgLes fontaines sont très importantes pour moi, c'est le symbole de la vie. Nous sommes en effet constitués à 60% d'eau. Je m'emploie à chaque fois que c'est possible techniquement à réhabiliter les fontaines de Genève, il y en a environ 60.
Cordiales salutations.


Rémy Pagani

Conseiller administratif

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Photos: Haykel

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Billet collectif pour le 11 juillet 2010 sur le thème: "Le rire"

Dernier délais d'envoi le 10 juillet

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27.06.2010

Vieillir

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Par Marie-France de Meuron, Luzia, Djemâa Chraïti, Haykel Ezzeddine et Danièle Bianchi

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Mûrir ou vieillir!


11111111111 copie.jpgTel est le choix  présenté à notre libre-arbitre.
Notre liberté quant à elle nous donne des ailes pour développer et affiner nos capacités, élargir nos horizons, affiner nos coeurs et nos esprits.
Mûrir, c'est maturer notre fruit intime, le noyau de notre être, représenté par la plus petite poupée dans les poupées russes, petite mais pleine.
Vieillir, c'est se ratatiner non seulement du corps mais de l'âme et de l'esprit.
C'est tourner en rond, radoter, ressasser le passé, rester figé sur l'acquis, ne plus imaginer de changement, être assisté, ne plus espérer en un avenir lumineux.
Mûrir, c'est continuer encore et toujours à explorer le monde, les autres et soi.
C'est s'émerveiller des découvertes et c'est : mille fois sur l'établi remettre son ouvrage.
Vieillir comme Jacques Brel l'a si bien chanté, c'est ne plus aller que du fauteuil au lit puis du lit au lit.
Mûrir, c'est avoir le regard toujours plus vif, même si le corps se détache petit à petit. C'est permettre à autrui de percevoir dans ce regard une lumière de l'au-delà, plus subtile et qui n'aveugle pas.
Vieillir, c'est montrer un regard terne, replié sur ses ombres, sans contact avec l'extérieur.
A chaque instant de notre vie, le choix de vieillir ou mûrir nous est proposé. Rien n'est jamais joué.
Dans les rumeurs de l'existence, il y a toujours l'invitation à mûrir, à se vivre animé d'une liberté toujours plus épanouie.

Marie-France de Meuron

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Salvatore


P6072840.jpgIl me regarde et me dit bonjour de la main, cela fait longtemps qu’il n’émet plus aucun son, il a cessé de parler le jour ou sa femme est morte, il est venu me le dire…il m’a dit – elle est morte - avec les yeux pleins de larmes, je me suis assise à coté de lui et depuis nous gardons le silence …nous donnons à manger aux pigeons et aux canards…sans parler…

Je l’ai connu au lac, souvent je vais lire au lac , cela fait des années, mais un jour un papi s’est approché et  il est resté près de moi assis sur un banc pendant deux heures ,il m’a sourit et  il me montra une photo de lui sur le train venant de Sicile datée 1960 , fotografo di Palermo , sur cette photo lui avec une valise en carton tenue avec de la corde , souriant en faisant un petit adieu avec la main , il m’a aussi montré une lettre de Giseppina , sa sœur, qui lui raconte qu’elle a besoin de sous pour soigner leur maman, il pleure et me dit qu’il n’est pas arrivé à l’aider et que sa maman était morte, il a compris que je parlais italien et nous sommes devenus amis.

Je n’ai jamais aimé les dimanches, mais ce dimanche là en parlant avec Salvatore, j’ai donné un visage à ce jour lourd de solitude pour moi ,  il est assis là,  ponctuel, des fois nous parlons du plus et du moins ,des fois on rigole,  il me raconte des chantiers ou il y a travaillé, des fois il s’énerve contre les touristes et les jeunes et il dit des gros mots en sicilien, sciaguraddde, disgraziadeeee, camurriaaaa., je rigole , il est drôle , il m’a aussi dit qu’ il attend la mort ,qu’il est fatigué ,  il l’avait vue la mort plusieurs fois en travaillant à l’époque dans des chantiers sans sécurité et qu’il était monté au nord pour gagner de quoi faire vivre sa famille, mais la mort pour lui maintenant etait  une récompense pour avoir vécu une vie dure, car jeun après la guerre qui avait laissé les gens du sud d’Italie dans la misère plus sordide, il était parti , chercher fortune et  il me raconta du patron suisse qu’après une semaine de travail ne l’avait pas payé ce qu’il lui devait, et qu’il ne savait pas ou aller pour protester et qu’il avait compris ce jour là en mangeant pain et oignons qu’ il ne pouvait avoir confiance en personne surtout des patrons , et il me regarde et dit, - Patrons et curés, touts des chiens- et il rigole…et moi aussi…

Nous passions des moments l’un à coté de l’autre à regarder les canards et une fois il m’a demandé pourquoi j’allais le voir sur la banc  au bord du lac, et je lui ai dit que toute chose a sa signification, et ce banc publique  au bord du lac avait un nom et une histoire, un passé et un présent - -Alors,-   il me demande innocent  - Et c’est quoi son nom ? et je réponds – Salvatore - il me fait un gros sourire de travailleur italien migrant avec les mains dures et obscurcies par le travail dur  de 30 ans et me dit, - Mamma mia ragazza - , tu en as de la fantaisie ! … : )

Maintenant je le surveille, depuis la mort de sa femme il est de plus en plus maigre, et  aussi plié, je ne sais pas si quelqu’un me dira qu’il est mort un jour, mais je pense que je le saurais en voyant le banc vide…

Il va sur le chemin qui mène chez lui,  lentement, il pousse son cadi avec le rythme de ses pieds fatigués, on se connait, c’est le papi avec qui je parle au bord du lac …chaque dimanche…

Texte et dessin: luzia


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INTERDICTION DE VIEILLIR

Fotolia_2319501_XS.jpgCe qui aurait dû notre âge d’or, n’est plus que  notre âge de papier, voire  de poussière.  Avant même d’être enterré sous les racines de pissenlit, être vieux, c’est déjà être mort et enterré vivant.

Phénomène de société où le jeunisme est de mise. Etre jeune, beau, dynamique et rentable. Hors ces schémas, il est difficile de trouver sa place. Les femmes vieillissantes se tirent la peau, se gonflent les lèvres, se refont les seins, se liposucent, s’aneroxisent, s’habillent comme des minettes et s’aigrissent bien souvent car on ne peut pas grand-chose contre le temps, à part apprécier ce qu’il nous offre quand bien même c’est de  la vieillesse. Quant aux hommes, la lutte contre le temps est aussi ingrate, eux-mêmes s'y mettent à la chirurgie esthétique.

Pourtant rien n’est plus beau qu’un visage-parchemin, où la vie s’est installée joyeuse et intense dans les ravines des rides formées par les années. Les pattes d’oie,  au coin des yeux,  rappellent les milliers d’éclats de rire ou les larmes qu’on a trop versées, de trop d’amour ou de trop de chagrin.  Le front ridé attteste des heures et des années à plancher sur les grandes interrogations de la vie et pour lesquelles  la plupart les réponses depuis lors sont trouvées.  Une tranquillité dans le regard, une distance qui montre le chemin parcouru et l’art avec lequel on sépare dorénavant le grain de l’ivraie, à savoir identifier rapidement ce qui est important de ce qui ne l’est plus. Une lenteFotolia_1169927_XS.jpgur en toute chose dans le fond qui ! montre qu’il ne sert à rien de se précipiter, on y arrivera bien, tous, un jour ou l’autre à notre  destination finale.

Mais aussi vieillir, c’est présenter un visage qui a vécu la vie et qui s’offre comme un livre ouvert aux jeunes en quête de sens,  accepter de vieillir,  au-delà des rides, consiste à accepter de transmettre son expérience, de participer activement au relais intergénérationnel.

L’indigène Arhuaco de Santa Marta en Colombie que j’ai rencontré récemment, à Genève, disait être choqué de constater la solitude des vieux en Suisse, bourré de médicaments qui les réduisent au silence, alors qu’on aurait tant besoin de les écouter, une participation millénaire des anciens à  assurer la tradition orale, creuset de notre savoir et de notre identité  !

Le vieillissement est méprisé car  assurément il est en lien avec la non-rentabilité, donc juste bon à jeter aux orties.  Tu ne produis plus, tu ne vaux plus rien. Où va ce monde qui quoiqu’on en dise ne se réduit pas à la simple notion de rentabilité, mais qui aurait  surtout besoin,  aujourd’hui,  plus que jamais,  et de toute urgence de bonté et d’écoute.

Djemâa Chraïti

Illustration 1: © samantha grandy - Fotolia.com

Illustration 2: © absolut - Fotolia.com

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Monsieur Jeunesse,

Fotolia_5808909_XS.jpgIl a la cinquantaine bien portante. C’est du moins ce qu’indique son  état civil. A vrai dire personne ne connaît vraiment son âge. Il n’a jamais fêté son anniversaire. Et refuse de parler de son passé pour ne pas donner des indices aux curieux. Il se rend une fois par semaine chez le coiffeur pour noircir les quelques tifs blancs récalcitrants et tenaces qui s’invitent malgré lui dans sa vie. Il s’habille sport et achète ses vêtements dans des boutiques  fréquentées par les jeunes. Les jeunes, ils les côtoient tous les jours. Il s’est arrangé depuis toujours à rester dans cet univers. Le processus biologique qui veut que le jeune devient adulte, il l’a détourné. Un holdup sur la progression naturelle de la vie. Main basse sur le capital jeunesse.

Monsieur Jeunesse comme s’amuse à l’appeler ses amis refuse de vieillir. Il n’est pas le seul. Cette quête vers une jouvence perpétuelle est partagée par les deux sexes. Parité absolue avec une nuance dans la pratique pour entretenir cette « jeunesse voulue » et repousser à plus tard l’échéance « vieillesse ». Les femmes abusent des artifices cosmétiques : botox, crème de jouvence, ravalement de façade, réajustement du corps, réaménagement de certaines parties, silicone, liposuccion et la liste est loin d’être close. Pour les hommes, à l’image de Monsieur Jeunesse, le maintien de la « jeunesse éphémère » passe par le sport et l’apparat. Le seul lien entre le X et le Y réside dans le fait de refuser de grandir et de subir les affres de l'âge. Rester jeune c’est bon pour la tête, tant que la santé suit et le physique le permet qui va s’en plaindre ?

Haykel Ezzeddine

Illustration: © Glenda Powers - Fotolia.com

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Ne pas mourir jeune!

Fotolia_6371236_XS.jpgVieillir .... ce n’est pas encore trop grave pour moi. Sauf si je m’examine dans le miroir! Des petites douleurs, j’en ai, mais rien qui m’indique vraiment que je vieillis. Il y a pourtant plein de petits signes, mais ils ne m’alarment pas ou pas encore. Je les ignore.
De toute façon, vieillir est la seule façon de ne pas mourir jeune! Alors, à choisir, je préfère vieillir. Autrefois, les vieillards étaient honorés, respectés, voire consultés. Aujourd’hui, ils sont considérés comme gênants, ils coûtent chers à la société, ils sont improductifs. Mais cela changera, j’en suis sûre. On s’apercevra qu’ils ont encore de la valeur, par leurs expériences, leurs connaissances, par leur savoir-être et leur savoir-faire. On leur redonnera une place, pas à côté mais dans la société. Je reste optimiste car je veux vivre encore, je veux devenir âgée, mais pas “vieille.”

Danièle Bianchi

Illustration: © sandro - Fotolia.com


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Billet collectif pour le 4 juillet 2010 sur le thème: "La fontaine "

Dernier délais d'envoi le 3 juillet

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19.06.2010

Le respect

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Illustration: © Mark Poprocki - Fotolia.com

Par Valérie Cuenca, Marie-France de Meuron, Djemâa Chraïti et Haykel Ezzeddine

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Le Respect : politiquement correct.. ?

Fotolia_respect copie.jpgL
e respect commence sans aucun doute dans l’énergie que l’on déploie à admettre – et surtout à se convaincre autant que faire se peut - que l’Autre ne fonctionne pas forcément de la même manière que nous. Les valeurs de fondation et socio-culturelles, les convictions profondes, l’éducation, sont autant d’éléments qui nous différencient et nous distinguent en tant qu’individu appartenant et évoluant dans un système commun.

D
ans le domaine politique, plus que dans tout autre environnement certainement, le terme « respect » trouve tout son sens puisqu’il s’agit avant toute chose d’entendre – parfois comprendre sans pour autant admettre – la position et les choix de ses pairs.
Souvent en opposition, les orientations et stratégies développées s’articulent au fil des débats pour laisser place, dans la mesure du possible, à une forme de consentement mutuel ou plus communément à un compromis. Ainsi le compromis dessine l’espoir que l’on peut être en opposition tout en concédant que sa propre opinion – ou vision – n’est point la vérité absolue…

M
a modeste expérience de l’arène politique m’a permis de découvrir cette forme de respect qui est celle que j’éprouve face à certains de mes opposants pour  leur engagement et leur motivation indéfectibles à promouvoir et défendre leurs convictions profondes bien que parfois très éloignées de mes propres valeurs ou positions.

J’
admire l’Etre capable de se convaincre jours après jours par la force de son investissement et de ses combats, parfois perdus d’avance, que son orientation politique est LA bonne en son âme et conscience…

Valérie CUENCA

Illustration: © Akasha+ - Fotolia.com

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Du respect

Fotolia_6600487_XS.jpgA l'origine latine du mot, il y a « regarder » (qu'on retrouve dans « spectacle »). Ce serait donc une façon de regarder tant un objet qu'une construction, une fleur ou une fourmi, un animal ou un humain, un enfant ou un vieillard, un musulman ou un juif. Regarder autrui avec considération, c'est être animé du désir de le rencontrer dans son essence, avec une ouverture d'esprit pour découvrir d'autres dimensions de soi que cet autrui nous révèle, comme un miroir sur notre chemin. Avoir des égards pour l'être tel qu'il nous apparaît est une disposition du coeur et de l'esprit qui nous permet d'être disponibles pour les profondeurs cachées sous les apparences.

User de déférence envers ce qui nous dépasse en grandeur, ce qui est sacré, ce qui révèle une grande puissance c'est pouvoir s'y connecter en partie et, par conséquent, s'amplifier. Car le respect nous apporte aussi quelque chose. Tout ce que l'on regarde respectueusement peut nous donner ce qu'il a de meilleur, de plus vivant, de plus lumineux.

En jouissant de notre propension au respect, nous atteignons la conscience de notre intimité qui se relie à « l'extimité », à tout ce qui semble extérieur à nous. Nous pouvons alors percevoir les interconnexions qui font de nous des entités beaucoup moins séparées qu'il n'en paraissait de prime abord. Toutefois, le respect n'est pas inconditionnel.

Respecter autrui ne veut pas dire admettre tout ce qu'il fait car nous en devenons alors complices mais on peut respecter son humanité, le fait qu'il soit en chemin et qu'il cherche sa voie.

Marie-France de Meuron

Illustration: © DX - Fotolia.com

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Ô  miroir dis-moi qui je suis  et si je me respecte  ?

Fotolia_1670351_XS.jpgNous devons probablement regarder les autres à travers le prisme de ce que nous sommes et du regard que l’on porte sur soi-même.  Le respect est l’expression de  notre propre  considération, la définition étymologique du mot  suggère ce point de vue : “regarder derrière soi, regarder en arrière”- Ô miroir, dis-moi qui je suis et comment je me vois pour comprendre comment je vois  les autres ?   En  l’occurrence derrière les manifestations de mépris et de haine, en identifiant la source du mal, c’est le manque d’estime de soi qui ouvre  les vannes ordurières avec tout son ballet de déchéance.

Le manque de respect est une façon d’être, lorsqu’on en manque à l’égard de l’étranger, ceci se reporte presque naturellement sur la femme, les enfants, les homosexuels, les handicapés. Lorsqu’un jeune est constamment irrespectueux, lui-même a reçu peu de considération, sa propre image de "raté" l’incite à la reporter sur les autres. Et bien d’autres exemples à profusion, il n’en manque pas.

Pour ma part, j’ai souvent constaté que les personnes qui ont une mauvaise image d’elles-mêmes ont peu confiance en elles , elles ont toutes en commun quelque chose  de destructeur dans leur attitude.  Systématiquement elles méprisent, humilient, rabaissent et au-lieu de les grandir le mépris leur renvoie un écho encore plus dur de ce qu’elles sont. Pris dans un engrenage, elles iront encore plus loin, blessant à tour de bras, toujours le mot sarcastique à portée de bouche, la boutade au goût acidulé permet de porter l’estocade en douce et en continu.  De l’irrespect on en arrive à la dépendance, il faut bien oublier ce qu’on est, se débarrasser de ce poids d’un moi exaspérant de honte,  on est tellement “vilain et affreux ” qu’il faut aider ! à s’oublier! .

J’en reviens à ce que je crois, le respect passe par soi :”respecte-toi et tu respecteras les autres”. Nous sommes investis d’harmonie et d’équilibre, retournons ainsi  aux sources de ce que nous sommes, à priori, en parfaite fusion et en parfaite harmonie  avec les autres et le monde. Revenir analyser  et guérir tout ce qui nous empêche d’aimer, de respecter et de nous faire grandir. Le travail de chacun, souvent le travail de toute une vie, de s’aimer soi-même très fort et de se respecter  !  Que chacun détricote le travail de sa vie pour voir où les mailles ont lâché et retricoter derrière ; je sais c'est difficile, lorsqu'on a été humiliés, battus, abusés, méprisés, mal-aimés de porter un regard respectueux sur ! le monde. Mais nous n'avons pas le ch! oix, notre bonheur passe aussi par le regard respecteux qu'on porte sur soi et forcément sur les autres.

“Respecte-toi et tu respecteras les autres !”

Djemâa Chraïti

Illustration: © Michael Cohen - Fotolia.com

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Irrespect et incivilité

Fotolia_1554470_XS.jpgDans mon esprit, le respect se mélange et s’enchevêtre avec d’autres mots. Le contraire du respect, l’irrespect et un des ses descendants indirects l’incivilité. Ça coule de source ! Le respect est intimement lié aux mots cités plus haut.

Si j’avais un quelconque pouvoir j’aurais imposé le « Respect » comme charte universelle pour le bien de l’humanité. C’est en se respectant et en respectant autrui que le monde avance dans le sens de l’humain. Guerres et conflits n’auraient plus aucune raison d’être. Les tribunaux se videront et les va-t-en-guerre pointeront au chômage.

L’honorable Honoré de Balzac nous a légué plein de trésors. A déguster cette citation qui sied joliment au sujet qui nous occupe aujourd’hui: »On respecte un homme qui se respecte lui-même ». Quelle belle chute !

Haykel Ezzeddine

Illustration: © Elnur - Fotolia.com

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Billet collectif pour le 27 juin 2010 sur le thème: " Vieillir "

Dernier délais d'envoi le 26 juin

20 à 30 lignes - police Times New Roman- avec image format jpg, si vous souhaitez en envoyer une.

A envoyer à  collectifgeneve@yahoo.fr

Ce blog s'adresse à toutes les blogueuses et les blogueurs de la Tribune de Genève et de 24 Heures

A vos plumes !

13.06.2010

La télévision

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© julien tromeur - Fotolia.com

Par Marie-France de Meuron, Danièle Bianchi, Robert Conrad, Haykel Ezzeddine, Aurore Bui et Djemâa Chraïti

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Je n'en ai pas.....je n'en ai jamais eu.

Télévision.jpgAinsi, lorsqu'il m'arrive d'en regarder une, non comme appareil de fond dans un bistrot mais pour une émission particulière chez des amis ou dans un hôtel à l'étranger, je retrouve chaque fois l'impression de magie que je ressentis dans mon enfance en allant la regarder chez des voisins.
C'était le temps des interruptions fréquentes qui suscitaient notre curiosité : comment ça fonctionne?
Puis ma grand-mère déjà bien âgée en reçu une et cela la fit basculer dans la démence : elle nous racontait que des messieurs s'étaient assis à côté d'elle sur le canapé et ce fut un choc pour nous de l'entendre confondre ainsi les scènes TV et réelles.
Elle se mit aussi à croire que les enfants sur des photos étaient vivants et elle leur offrait des friandises, désolée qu'ils ne les acceptent pas.
La télévision, c'est aussi l'expérience d'y apparaître. A deux reprises, je passai dans une émission à thème, une fois filmée à domicile, une fois dans un studio. Ce fut l'occasion de découvrir le monde de derrière l'écran, l'énorme travail qu'une émission implique et tous les métiers qui participent à une oeuvre d'ensemble.
La télévision nous offre de voyager, de découvrir des lieux inconnus et des personnes différentes de celles de notre quotidien. Mais ce sera toujours par l'oeil du cameraman : c'est lui qui choisit notre regard, c'est lui qui décide de l'importance d'une scène. Il manquera aussi les odeurs, le toucher et l'incitation au mouvement de notre présence dans le monde réel.
En séjour à l'étranger, j'en apprends beaucoup sur le pays en allumant l'appareil  Je fus ainsi surprise qu'aucune speakerine apparaissant sur une chaîne syrienne ou des pays avoisinnants ne portât de voile. J'ai été choquée aussi de constater que dans ces pays, la plupart des films sont issus de la culture occidentale et que de la sorte le peuple ne baigne pas davantage dans son univers. On peut comprendre par là pourquoi tant de personnes se battent pour défendre leurs cultures, envahis qu'ils sont par des films occidentaux qui, souvent, ne sont ni esthétiques ni instructifs.
La télévision est un instrument merveilleux à utiliser avec respect!


Marie-France de Meuron

Illustration: © pandore - Fotolia.com

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J'aime la télévision

television 2.jpgQuelle invention extraordinaire! Nos enfants sont nés “avec” et ne s’en étonnent plus mais je me souviens de la première télé de mes parents, c’était vraiment la lucarne magique!
J’aime la télévision! Pas le meuble, pas l’engin, mais les émissions qui y sont diffusées. Sans parcourir le monde, j’ai pu en visiter une partie. Sans rencontrer des gens, j’ai pu savoir ce que certains pensent. Sans rien y connaître, j’ai pu apprendre un peu de la marche du monde. La télévision c’est une amie. Mais je reste maîtresse, je ne suis pas son esclave. Comme d’autres inventions, si je n’y prends pas garde, elle pourrait engendrer une addiction, une paresse, un laisser-aller. Car il y a de tout, ce qui élève l’esprit, fait réfléchir, délasse aussi. Et ce qui abaisse, abrutit, normalise l’insupportable.
La télévision, je la regarde, assez souvent, mais je sélectionne. Et si parfois je me laisse aller à un programme un peu “stupide”, je le fais en toute conscience. Sinon, je prends un bouquin!

Danièle Bianchi

Illustration: © Giordano Aita - Fotolia.com

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Dessin de Robert Conrad

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